18 juil. 2012

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Auteur: Harper Lee, Genre: Drame, Pages: 447

Résumé: Dans une petite ville d'Alabama, à l'époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d'office pour défenre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche. Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 - au coeur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis -, a connu un tel succès. Mais comment est-il devenu un livre culte dans le monde entier ? C'est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l'enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique.
Couronné par le prix Pulitzer en 1961, Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur s'est vendu à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde entier.

Mon avis: Un petit bijou, vraiment. C'est même un coup de cœur !
L'auteur aborde un sujet difficile qu'est la ségrégation raciale entre Noirs et Blancs aux États-Unis dans les années 30, les inégalités et les préjugés très présents à cette époque-là. A travers le procès de cet homme noir, Harper Lee a magnifiquement réussi à symboliser ces troubles d'égalité face à la loi: car si "officiellement" tous les hommes naissent égaux, on se rend qu'à ce moment de l'histoire - et même encore aujourd'hui - ce n'est pas le cas. Mais dans ce livre est dénoncé bien plus que le racisme. Il est aussi question de l'influence que peuvent avoir les idées toutes faites sur la raison des gens, idées qui prennent des proportions malheureuses dans un petit village où tout le monde se connait et où chaque petite différence est sujette au commérage et à l'exclusion. A travers les yeux innocents d'une petite fille, on prend conscience de notre propre bêtise et de notre aveuglement.
La première partie du roman est en fait consacré à la vie de la jeune Jean Louise, surnommée Scout, qui montre à travers une multitude d'anecdotes de petite fille que sa vie, celle de sa famille, celle de ses voisins est dictée par une façon de penser qu'il ne faut surtout pas contredire si on ne veut pas être rejeté, traité de fou et sujet aux sarcasmes. C'est une grande prise de conscience sur nos représentations que l'auteur dénonce. Quand à la seconde partie, elle concerne le procès en lui-même, passage tout aussi intéressant, captivant, réflexif et qui m'a tenu en haleine tout le long.
C'est écrit dans un style simple et détaillé, le roman est parfaitement rythmé, sans longueurs et avec suffisamment de descriptions pour qu'on est le temps de se projeter dans l'histoire et de s'attacher aux personnages. Chapeau l'artiste !

Ma note: 5/5

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire