24 mai 2012

L'Arrache-coeur


Auteur: Boris Vian; Genre: Contemporain; Pages: 222

Résumé: Voilà un coin de campagne où l'on a de drôles de façons ... la foire aux vieux, par exemple. Curieuse institution ! On sait bien aussi que tous les enfants peuvent voler comme des oiseaux dès qu'ils étendent leurs bras - mais est-ce une raison suffisant pour les enfermer derrière des murs de plus en plus hauts, de plus en plus clos ? Le psychiatre Jacquemort se le demande - puis ne se le demande plus, car il a trop à faire avec la honte des autres, qui s'écoule dans un bien sale ruisseau. Mais nous, qui restons sur la rive, nous voyons que Boris Vian décrit simplement notre monde. En prenant chacun de nos mots habituels au pied de la lettre, il nous révèle le monstrueux pays qui nous entoure, celui de nos désirs les plus implacables, où chaque amour cache une haine, où les hommes rêvent de navires, et les femmes de murailles.

Mon avis: Après J'irai cracher sur vos tombes et L’Écume des jours, je me suis replongée avec plaisir dans le monde atypique et surréaliste de Boris Vian. Un monde plein de symboles et de fantaisie où le mois de juillet - juillembre dans le livre - se compose de 314 jours et où l'on psychanalyse des chats. Mais aussi un monde sombre et cruel où les mères enferment leurs enfants, où les hommes vendent leur honte et leurs vieux, où les psychologues se moquent du malheur de leurs patients. Tout comme L’Écume des jours, le mobilier et la nature prennent vie en fonction des sentiments des hommes: Vian aurai-il placé l'homme au centre du monde ?
J'ai retrouvé dans ce livre l'écriture simple, voir crue, de cet auteur donc je suis définitivement fan et ne suis pas déçue du voyage. C'est encore une fois un livre qui porte à réflexion, et j'adore ça !

Conseil: Amateurs de contemporain, de décalé ? Ce livre est fait pour vous :)

Note: 4/5 [ Je n'ai pas mis la note maximale car j'ai deviné la fin avant qu'elle n'arrive ... Toute petite déception. ]

Citation: "On a tort de dire les yeux fermés, ferranta le maréchal. On n'a pas les yeux fermés parce qu'on met les paupières devant. Ils sont ouverts dessous. Si vous roulez un rocher dans une porte ouverte, elle n'est pas fermée pour cela ; et la fenêtre non plus d'ailleurs, parce que pour voir de loin c'est pas des yeux qu'on se sert, et, donc vous ne comprenez guère les choses."

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